L’intimidation : Nous avons tous un rôle à jouer pour l’arrêter!

Les IRSC appuient la recherche sur les conséquences de l’intimidation pour la santé

9 mars, 2017

Le Canada se situe dans le dernier tiers

Selon le rapport de l’UNICEF intitulé Le bien‑être des enfants dans les pays riches, le Canada se classe au 21e rang sur 29 pays pour l’incidence de l’intimidation.

« L’intimidation compromet l’avenir de ses victimes, et cela a un coût pour tous les Canadiens. Elle est à l’origine de problèmes de santé physique et mentale, et aussi de difficultés scolaires, en plus de se répercuter sur la productivité. Ma recherche vise à trouver des moyens de contrer l’intimidation dans les écoles et les communautés, et ainsi à améliorer la santé et le bien‑être des Canadiens. »

Dre Tracy Vaillancourt

Dre Tracy Vaillancourt
Université d’Ottawa et titulaire d’une chaire de recherche du Canada en santé mentale des enfants et en prévention de la violence
Photo : avec la permission de la Dre Tracy Vaillancourt.

L’intimidation continue de faire mal longtemps après qu’elle a cessé

Les IRSC appuient la recherche qui se penche sur les effets de l'intimidation sur la santé. Une étude à ce sujet est réalisée à l'Université d’Ottawa.

La Dre Tracy Vaillancourt est professeure à l’Institut de recherche sur le cerveau de la Faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa. Titulaire d’une chaire de recherche du Canada en santé mentale des enfants et en prévention de la violence, elle est aussi une chercheuse en santé qui s’est donné une importante mission.

Il ne s’agit pas d’une mince affaire : elle veut convaincre tous les Canadiens de dénoncer avec fermeté l’intimidation.

En sensibilisant les témoins, en apprenant aux enseignants à reconnaître les signes d’intimidation pour qu’ils puissent intervenir efficacement, et en convainquant les administrateurs scolaires d’accroître les ressources consacrées à la supervision des aires communes comme la cour d’école, la Dre Vaillancourt espère améliorer le sort des enfants et des adolescents qui sont victimes d’intimidation.

On a longtemps passé sous silence ou pris à la légère le problème de l’intimidation, le considérant comme un comportement normal chez l’enfant. Toutefois, il est maintenant démontré que l’impact de l’intimidation est plus profond qu’on le pensait jadis (l’intimidation est dommageable sur le coup, et continue de l’être longtemps), et l’ampleur du problème est beaucoup plus grande qu’on pouvait le penser (l’intimidation touche plus d’un demi‑million d’enfants canadiens).

L’Internet est venu compliquer la lutte contre l’intimidation. Alors que les générations antérieures pouvaient être victimes d’intimidation au terrain de jeu et dans la cour d’école, les jeunes d’aujourd’hui sont l’objet de cyberintimidation sur les réseaux sociaux – c’est‑à‑dire qu’ils sont toujours à un clic près de se faire intimider.

En réaction, la Dre Vaillancourt dirige une équipe de chercheurs qui étudie les effets à long terme de l’intimidation sur la santé mentale, la réussite scolaire et les résultats fonctionnels (comme la capacité de s’acquitter de ses obligations financières ou de conserver un emploi) des personnes. Avec plus de 500 participants, l’équipe a entrepris une étude de 15 ans pendant laquelle elle assure le suivi annuel d’enfants de 10 ans en Ontario jusqu’à ce qu’ils aient 25 ans. L’étude en est à sa dixième année.

La Dre Vaillancourt constate qu’un certain nombre de problèmes de comportement peuvent être des symptômes d’un trouble de santé mentale résultant de mauvais traitements infligés par des pairs. Bien que le désir d’intégration soit une force évolutionnaire de base qui façonne le comportement, la pensée, la physiologie et même l’activité neuronale de l’humain, la capacité d’une personne à s’intégrer est loin d’être garantie. Nos cerveaux ont beau être programmés pour chercher à entrer en contact avec autrui, cela demeure difficile pour nombre d’entre nous.

Peu importe où elle se produit, il est clair que l’intimidation interfère avec le développement dans de multiples « domaines de fonctionnement », qui interagissent ensuite entre eux pour créer un cercle vicieux de dysfonctionnement.

En examinant les situations d’intimidation au fil du temps, et auprès d’une si vaste cohorte, la Dre Vaillancourt pourra déterminer : 1) dans quelle mesure le moment, la durée et l’intensité de l’intimidation durant l’enfance sont en corrélation avec la condition résultante chez l’adulte; 2) la relation de cause à effet entre l’intimidation et la santé mentale, la réussite scolaire et les résultats fonctionnels (c.‑à‑d. la séquence des événements dans le temps); 3) si l’intimidation dans l’enfance a un effet propagateur ou domino dans différents domaines de fonctionnement chez l’adulte, et en quoi ces résultats sont interreliés.

L’espoir est que les données recueillies sur les conséquences à long terme déboucheront sur des programmes et des interventions véritablement efficaces pour réduire la prévalence de l’intimidation. La Dre Vaillancourt espère aussi que son travail encouragera la mise en commun des meilleures pratiques partout au pays afin que les enfants puissent vivre, aller à l’école et jouer sans crainte de victimisation.

L’intimidation est une forme d’abus de pouvoir

La définition du terme « intimidation » donnée dans la Loi pour des écoles tolérantes de l’Ontario est considérée par de nombreux experts comme l’une des plus exhaustives :

« intimidation » - Comportement agressif et généralement répété d’un élève envers une autre personne qui, à la fois :

  1. a pour but, ou dont l’élève devrait savoir qu’il aura vraisemblablement cet effet :
    1. soit de causer à la personne un préjudice, de la peur ou de la détresse, y compris un préjudice corporel, psychologique, social ou scolaire, un préjudice à la réputation ou un préjudice matériel,
    2. soit de créer un climat négatif pour la personne à l’école;
  2. se produit dans un contexte de déséquilibre de pouvoirs, réel ou perçu, entre l’élève et l’autre personne, selon des facteurs tels que la taille, la force, l’âge, l’intelligence, le pouvoir des pairs, la situation économique, le statut social, la religion, l’origine ethnique, l’orientation sexuelle, la situation familiale, le sexe, l’identité sexuelle, l’expression de l’identité sexuelle, la race, le handicap ou des besoins particuliers.

Liens connexes

Date de modification :