Au carrefour de la compassion et de la sensibilité : la Dre Janet McElhaney

South Sudanese community health worker
Dre Janet McElhaney
Membre du conseil consultatif des instituts (CCI) sur la santé des Autochtones des IRSC
Photo : avec la permission d’Horizon Santé-Nord

Promoteur de la science du bien vieillir, le conseil consultatif des instituts sur la santé des Autochtones des IRSC souhaite la bienvenue à la Dre Janet McElhaney

7 février 2017

La nomination de la Dre Janet McElhaney au conseil consultatif des instituts sur la santé des Autochtones, une composante clé des Instituts de recherche en santé du Canada, témoigne de la notoriété internationale dont jouit cette figure de proue de la recherche et des soins cliniques gériatriques.

Vice-présidente à la recherche et directrice scientifique de l’Institut de recherches d’Horizon Santé-Nord à Sudbury, la Dre McElhaney est aussi professeure de médecine à l’École de médecine du Nord de l’Ontario.

Elle a élargi le champ de ses recherches cliniques pour s’attaquer aux défis de la multiplicité des maladies chroniques dans les communautés autochtones du Nord de l’Ontario, soutenant directement par son travail les efforts locaux visant à obtenir de meilleurs soins communautaires adaptés à la culture et à promouvoir un vieillissement en santé et dans la dignité.

Le doigté culturel dont elle fait preuve en tant que communicatrice permet à la Dre McElhaney d’inspirer confiance aux aînés. Cette même ouverture d’esprit lui permet aussi de faire valoir les mérites d’intégrer la médecine occidentale aux systèmes de connaissances et de guérison.

Les liens de travail positifs qu’elle forge, une communauté et un patient à la fois, montrent aux fournisseurs de soins de santé et aux leaders communautaires que son ouverture sera le gage d’échanges de connaissances respectueux. Le travail de la Dre McElhaney auprès des aînés et des communautés autochtones cadre parfaitement avec ses autres intérêts professionnels. Par exemple, elle pose un regard neuf sur la façon de réduire les risques que courent les patients âgés et souvent fragiles qui sont hospitalisés en raison d’un problème de santé grave. Depuis quelques années, elle s’affaire avec des partenaires à mettre au point des moyens pratiques d’amener les patients âgés et leurs soignants à participer avec leur équipe soignante à la conception de méthodes de traitement personnalisées. Ainsi est né 48/5, un programme d’intervention en santé usant de solutions pratiques pour traiter des problèmes de santé courants et redonner aux patients âgés leur niveau d’autonomie antérieur. Cette approche améliore leur qualité de vie après l’hospitalisation et réduit la probabilité d’une réadmission.

En résumé, dans les 48 heures de son admission, chaque patient est examiné pour recueillir des renseignements qui permettront de prendre des décisions fondées sur des données probantes dans les cinq domaines clés suivants :

  • pertinence et bilan comparatif des médicaments
  • cognition et délire
  • mobilité fonctionnelle
  • nutrition et hydratation
  • fonctionnement des intestins et de la vessie

Initiatrice et ardente défenseure de la stratégie 48/5, la Dre McElhaney promeut une vision nouvelle des soins aux personnes âgées en milieu hospitalier, faisant valoir l’avantage pour les équipes soignantes de collaborer et de bien communiquer.

Son travail porte fruit, aidant les hôpitaux à forger des partenariats avec d’autres fournisseurs de services communautaires, unis par un seul objectif : veiller à ce que les aînés puissent éviter l’hospitalisation le plus longtemps possible et jouir de la meilleure qualité de vie possible aussi longtemps que faire se peut.

La Dre McElhaney sait que l’accès à d’autres niveaux de soins (ANS) est un enjeu national. Les statistiques actuelles révèlent d’ailleurs une tendance troublante à cet égard : un citoyen âgé sur trois qui est admis dans un hôpital de soins actifs souffrira d’une incapacité accrue lorsqu’il recevra son congé. Elle a fait la preuve que 48/5 réduira grandement les risques associés à l’hospitalisation en plus d’aider à remédier au manque chronique de lits dont souffrent nombre d’hôpitaux canadiens.

L’initiative 48/5 améliore les soins aux personnes âgées et l’accès de tous les patients à un lit d’hôpital ainsi que le maintien des effectifs en augmentant la satisfaction au travail des membres de l’équipe soignante.

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VITALiTY

« Nous devons comprendre qu’il est bel et bien possible de prévenir la fragilisation des personnes âgées lorsqu’elles sont hospitalisées. La mise en œuvre de 48/5 permet aux travailleurs de la santé d’aider les patients à redevenir fonctionnels et à rentrer chez eux et réduit le besoin en lits d’hôpital pour d’autres niveaux de soins »
- Dre McElhaney

La Dre McElhaney, qui dirige l’équipe de chercheurs chargée d’étudier le rôle de la vaccination dans la prévention des invalidités incapacitantes chez les personnes âgées, a publié une étude charnière au sujet des effets de l’« immunosénescence » (un terme qui décrit la dégradation lente et graduelle du système immunitaire, une conséquence naturelle du vieillissement que la présence de multiples problèmes de santé et infections chroniques vient toutefois accélérer) sur les réactions immunitaires de l’organisme à la vaccination.

Son programme de recherche, « Vaccine Initiative to Add Life to Years » (VITALiTY), repose sur une approche interdisciplinaire comportant l’utilisation d’indicateurs de la fragilité pour connaître l’état de santé général d’un patient, évaluer les facteurs de risque d’une invalidité incapacitante et développer des biomarqueurs immunologiques de risque de grippe pouvant servir à mettre au point des vaccins plus efficaces pour les personnes âgées.

Les principales causes des incapacités invalidantes chez les aînés sont :

  • l'accident vasculaire cérébral
  • l'insuffisance cardiaque congestive
  • la pneumonie et la grippe
  • la cardiopathie ischémique (l'insuffisance du débit sanguin)
  • le cancer
  • la fracture de la hanche

Chez les Autochtones, les invalidités surviennent à un plus jeune âge puisque la multiplicité des problèmes de santé chroniques est plus répandue dans cette population. En fait, 69 % des Autochtones de plus de 65 ans déclarent être limités dans leurs activités quotidiennes.

L’objectif de l’équipe est de déterminer quels marqueurs inflammatoires prédisent les invalidités incapacitantes, d’associer ceux-ci à d’autres facteurs de risque connus et d’élaborer des interventions ciblées. Pour leur part, les Autochtones devront s’attaquer aux défis de la multiplicité des problèmes de santé chroniques qui atteignent maintenant des proportions épidémiques dans leurs communautés et prévenir les invalidités incapacitantes au moyen d’approches communautaires favorisant le bien vieillir.

La Dre McElhaney met ses 25 années d’expertise à bon usage en formulant des politiques et des programmes qui font non seulement progresser la science du bien vieillir, mais qui protègent également nos aînés de façon à ce qu’ils puissent profiter de leurs vieux jours.

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